Mame Touti Touré, le boss des anciennes gloires

Il dirige aujourd’hui l’Association des anciens joueurs du Sénégal. Il a donc eu son heure de gloire. Lui, c’est Mame Touti Touré qui revient sur sa carrière de footballeur avec l’équipe nationale sénégalaise.


Mame Touti Touré ?
C’est un jeune dakarois qui habitait à côté d’un terrain de football qu’on appelait « Champ de course ». J’étais à l’école du même nom et donc avec la proximité avec le terrain, j’y allais chaque soir. Il y avait une équipe qui s’appelait US municipale qui n’était jamais au complet. Les dirigeants de l’époque nous appelaient pour honorer quelques rencontres du weekend. Des amis de classe qui étaient déjà au lycée Blaise Diagne m’ont parlé de l’As PTT. J’y ai signé une License.  A l’époque, il y avait tellement de bon joueurs que quand on jouait, j’étais celui qui gardait les maillots. Je n’entrais en jeu que lorsque quelqu’un était blessé. Quand je suis allé à la Stella entre 1968 et 1969, on m’a disposé sur le terrain, je me suis vite adapté et c’est là que ma carrière a commencé. Le club a fusionné depuis lors avec beaucoup d’autres pour donner naissance à « Dial Diop ». Et aujourd’hui, nous sommes là comme dirigeants. J’ai passé quelques temps en Europe, à Orléans, avant de revenir intégrer l’équipe nationale.


L’équipe nationale, quel souvenir ?
Le meilleur souvenir de l’équipe nationale est un match que nous avons joué ici à Dakar contre le Nigeria qui était la terreur de l’Afrique. A l’époque nous avions comme entraineur Mawade Wade et c’était à mon retour de la France. On a joué dans un stade archicomble. Notre meilleur buteur de l’époque s’était blessé deux minutes après le coup d’envoi. L’entraineur m’a demandé de revenir au milieu du terrain alors que j’étais attaquant de pointe. Chose que je n’avais pas faite depuis que j’étais chez les juniors. Malgré tout, nous avons relevé le défi en battant le Nigéria ici à Dakar alors qu’il était l’ogre de l’Afrique et battait tout le monde. Malheureusement au match retour, je n’étais pas de la partie, l’équipe du Sénégal avait perdu sur le score de 3 buts à O, car c’est une nouvelle équipe qui avait joué le match. Je me souviens que nous avions fait aussi un match en Mauritanie au compte des éliminatoires de la CAN. A l’époque, il y avait un vent de sable qui empêchait de voir à plus de deux mètres. Jusqu’au démarrage du match le climat était le même, sans compter les conditions de regroupement qui étaient catastrophiques.


Les ratés ?
Moi je suis accompli. A la Stella déjà, on m’a choisi dans la sélection du Cap-Vert. Il y avait énormément de grands joueurs mais je faisais partie de cette équipe régionale de Dakar pour faire la semaine de la jeunesse. C’était déjà un honneur dans un petit club. Ce que je n’ai pas réalisé c’est de faire de mon club Dial Diop le grand club que je voulais qu’il soit. Il y avait pourtant tout ce qu’il fallait : des dirigeants hors pairs, compétents, d’une grande disponibilité, mais la relève n’a pas été assurée. Les moyens aussi faisant défaut, le club est aujourd’hui tombé en léthargie, mais j’espère qu’un jour il va se relever. Je ne connais que ce club. Plusieurs clubs ont pourtant voulu que je vienne chez eux. La Saint-Louisienne, la Jeanne d’arc, l’Us Gorée sont entre autres clubs qui voulaient de moi à l’époque.


Secret ?
Je m’entrainais comme un forcené, surtout lorsque je suis revenu de la France. Je m’entrainais trois fois par jour et deux fois par semaine. J’ai même fait en sorte que mon club adopte ce rythme alors que les autres équipes s’entrainaient une fois et une heure par jour. Ce travail a payé sur le terrain, puisque nous avons eu à Dial Diop l’équipe qui est allée en finale de la Coupe du Sénégal contre le Saltigué ; finale que nous avions perdue malheureusement et c’est l’une des mauvais souvenirs.


Nombre de buts ?
Je ne m’en souviens pas. Je n’ai pas été un grand butteur mais je savais marquer des fois. Il m’arrivait surtout de marquer des buts décisifs. Je me rappelle encore du but que j’ai marqué en demi-finale contre le Jaaraf. Nous avions gagné le match sur le score de 2 buts à 1 pour aller en finale.   


Aujourd’hui ?
J’ai arrêté ma carrière de footballeur en 1978 et maintenant, je m’occupe un peu des anciens joueurs. Je suis le secrétaire général de l’Association des anciens footballeurs du Sénégal, du fonds de solidarité sportive. Dans ce cadre, nous travaillons à la mise en place de l’Union des anciens footballeurs de la sous-région. Un séminaire devrait se tenir d’ailleurs sur la question en décembre. Aujourd’hui je suis le football en tant qu’observateur. Je suis en train d’écrire un livre qui parle de l’organisation du football en une trentaine de chapitres. Je discute actuellement avec un éditeur pour ce projet. Il y a aussi le travail de mon ONG sur l’aspect social des jeunes en situation difficile.

Publié le 30 novembre 2012 par Archipo.com